Portrait d’entrepreneure Dias’Invest : Marie-Noëlle Wernert construit une résidence touristique haut-de-gamme et responsable

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Premier portrait d’une femme entrepreneure pour notre série avec, cette semaine, Mme. Marie-Noëlle Ottou Methe épouse Wernert. Après avoir été gérante d’une boutique de vêtements pendant 10 ans puis opératrice économique multi- sectoriel dans toute l’ Afrique sub-saharienne, Mme. Wernert s’est ensuite formé à la création et au développement d’entreprise avec l’objectif de monter son propre projet.

Femme entreprenante, qui aime les challenges elle est également présidente-fondatrice de l’association les « Petites Mères », qui accompagne et construit un d’un centre d’apprentissage pour des filles mères célibataires du village d’Ekoudendi. Elle revient pour nous sur son parcours d’entrepreneure dans le secteur du tourisme.

Pouvez-vous nous présenter votre projet ?

Je mène un projet dans le secteur du touriste : l’installation d’une résidence commerciale haut de Gamme d’appart’hôtels, avec hébergement et restauration. La résidence intègre des constructions traditionnelles et un circuit touristique local dans la ville de Kribi.

Le projet répond à un déficit en hébergement haut de gamme dans la région. Le ministère de l’habitat et du développement urbain, définit la situation autour de Kribi en matière d’équipement de tourisme comme : « satisfaisante mais manquant d’hôtel à plus de 4 étoiles ». D’autre part, il y a un problème de coût : le prix moyen d’une chambre d’hôtel est très élevé, par rapport à la qualité proposée.

La résidence proposera par conséquent des services sur-mesure, haut de gamme et personnalisés pour fidéliser les clients à un juste rapport qualité-prix. L’objectif à court-terme est la création de 12 emplois directs et beaucoup plus indirectement, mais aussi contribuer à moyen-terme à une meilleure structuration de l’offre et professionnalisation des salariés du tourisme.

Grâce à une équipe dynamique composée d’un ingénieur spécialiste en construction et technique du bâtiment, d’un spécialiste en hôtellerie et restauration, d’une spécialiste de la communication et du marketing, et de moi-même, nous sommes déjà parvenus à dégager les lignes financières, administratives, et opérationnelles du projet.

Que vous a apporté le dispositif Dias’invest’237 ?

Bonne question. Nous nous la sommes posée avant de déposer notre candidature. Nous attendions du dispositif un véritable accompagnement du projet. C’est d’autant plus important pour des personnes qui résidence la majorité du temps à l’étranger. Nous avons besoin d’être accompagné sur le terrain, au Cameroun, par des personnes maîtrisant la réalité et les arcanes institutionnelles du Cameroun. Pour L’instant, nous ne sommes pas déçus, bien au contraire. Un dispositif qui propose un accompagnement de A à Z, avec une prise en charge partielle, voire totale sur certaines tâches, c’est très rare.

Dans quel environnement votre projet s’inscrit-t-il ? Comment pensez-vous qu’il va changer les choses ? Quelle impact social et environnemental aurait-il ?

 EN 2017, le secteur du tourisme camerounais a pesé 631.2 milliards de francs CFA de recettes pour une contribution directe de 3.2% au PIB. Une croissance encore plus forte est envisagée, avec une contribution de 7% au PIB pour près de 1 000 milliards de FCFA de recettes d’ici à 2028.

Ça c’est pour les chiffres. À mon échelle, en plus des 12 emplois directs créés, nous soutenons les filières locales. Les produits pour la restauration seront issus de circuits courts, et donc directement auprès des agriculteurs. Nous prévoyons d’accueillir des jeunes issus d’écoles d’hôtellerie en formation, ainsi que des jeunes en formation dans la pisciculture.

Car la résidence Ozila accueillera des étangs de poisson, où se déroulera une véritable activité piscicole, avec des éleveurs locaux de poissons. Côté artisanat, des produits d’artisans locaux seront commercialisés dans la boutique souvenir de la résidence.

L’instauration de circuits touristiques locaux permettra de dynamiser la vie culturelle locale, et de développer des activités économiques annexes. Nous serons enfin particulièrement vigilants à garantir une parité des sexes dans l’embauche.

Quelles ont été les principales difficultés rencontrées depuis que vous vous-êtes lancé dans ce projet ?

Le marché du tourisme au Cameroun n’est pas assez structuré pour avoir suffisamment d’informations sur le secteur. Alors je ne vous dis pas les difficultés pour effectuer une analyse économique et financière du projet. Le problème est d’autant plus important que la qualité de cette analyse et du business plan vont jouer lors de la recherche de financement et sont des facteurs clés de succès.

Et puis, il y a la distance. Porter un projet depuis l’étranger n’est pas toujours facile. J’ai eu cependant la chance de m’être assez rapidement entouré d’une équipe bosseuse et à qui je fais confiance.

Quel conseil pouvez-vous donner à la diaspora Camerounaise qui souhaite entreprendre au pays ?

Un seul conseil : lancez-vous. Il y a tellement de choses à faire, tellement d’opportunités. Et même si la première fois n’est pas la bonne, n’abandonnez surtout pas ! Et puis le Cameroun est tellement doux … Après tout, c’est chez nous.

  Nous remercions chaleureusement Marie-Noëlle pour cette description fidèle et inspirante de son beau projet. Nous te souhaitons une grande réussite et beaucoup de visiteurs.

L’équipe Dias’Invest 237