Portrait d’entrepreneur Dias’Invest : Habib Tafo, à la conquête du numérique !

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A l’approche de la fin de la première phase du projet Dias’Invest 237, retour sur le parcours d’entrepreneurs qui ont bénéficié du dispositif pour mûrir leur projet. Pour ce premier portrait, nous rencontrons Habib TAFO, un entrepreneur camerounais âgé de 33 ans et passionné de nouvelles technologies.

M. TAFO a effectué une première partie de ses études à l’université de Buea au Cameroun, il y a obtenu un diplôme de physique, puis a suivi un master en ingénierie logicielle à l’université de Strasbourg en France. Jeune diplômé, il a débuté sa carrière à la direction informatique de Pôle Emploi France avant de s’envoler pour la Nouvelle-Zélande. Ces différentes expériences lui ont permis d’appréhender le monde du business. Attaché à revenir dans son pays natal, il a décidé de créer récemment son entreprise de services informatiques. Pour réussir son développement, il est accompagné par le dispositif Dias’Invest 237.

Aujourd’hui, il a accepté de nous en dire plus sur son entreprise prometteuse.

Bonjour Habib, pouvez-vous nous présenter votre projet ?

 « MBOA DIGITAL » est une société de services informatiques. Nous commercialisons du service aux entreprises, et les conseillons dans leur digitalisation. Notre activité couvre aussi bien le développement d’applications web, mobile, que le conseil pour la transformation numérique. Nous avons des clients en France, en Allemagne, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis. Si nous démarrons en tant que prestataire de service, notre vision est de nous imposer à moyen terme comme une entreprise de produits à destination du marché local. Une part importante de nos revenus est investie dans ce sens.

Actuellement, nous travaillons afin de trouver une solution abordable de dématérialisation de la comptabilité pour les PME. Cette solution devrait à terme profiter à des milliers de PME en zone OHADA. 

Enfin, cette entreprise repose sur un personnel qualifié, jeune, dynamique dont la passion commune est la programmation. Ils apprécient le cadre de travail, la rémunération, la perspective de bâtir ensemble une société modèle dont le management est totalement horizontal.

Que vous a apporté le dispositif Dias’invest’237 ?

Dias’invest 237 m’a apporté la vision que je n’avais pas du marché local. Rentrer au Cameroun après plus de 10 ans, c’est découvrir un nouveau pays. C’est important de réapprendre le contexte, la façon de faire les affaires, savoir comment vendre localement… J’ai pu bénéficier d’une étude de marché et d’un business plan qui me serviront de référence pour la suite.

Dans quel environnement votre projet s’inscrit-il ? Comment pensez-vous qu’il va changer les choses ?

Ce projet s’inscrit dans le secteur du numérique et des télécommunications. La révolution digitale sera porteuse de valeurs pour les économies d’Afrique.

Le Cameroun a adopté un plan stratégique pour développer l’industrie numérique. Notre démarche s’inscrit dans cette vision. Le numérique a déjà transformé des usages (mobile money, paiement de factures et création d’entreprise en ligne en sont des exemples). Cependant, de nombreuses pratiques restent à améliorer et de nombreuses facilités à inventer.

Nous avons à cœur de participer à la construction d’une société du progrès qui repose sur des aspects simples et justes.

Pouvez-vous nous raconter une journée type dans votre entreprise ?

8h standup ! Le rituel de chaque équipe, où chacun exprime ce qu’il a fait la veille, ce qu’il fera de la journée, et soulève les difficultés qu’il rencontre. C’est aussi important que le petit-déjeuner, ça permet de synchroniser tout le monde.

Ensuite… Tout le monde y va ! Réunion avec un client en ligne, points d’équipes, programmation en solo ou en paire pour faire face aux challenges. Chacun sait exactement ce qu’il a à faire : il y a un backlog digital, où chacun s’assigne un ticket quand il a fini le précédent. Et lorsqu’on a bien rempli sa journée, on s’arrête. Ici, pas d’horloge, juste le sentiment d’avoir accompli son devoir et avoir facilité un peu plus la vie de quelques-uns.

Quelles ont été les principales difficultés rencontrées depuis que vous vous-êtes lancé dans ce projet ?  

La logistique, l’eau, électricité, internet. Nous avons fait le tour. Pour pallier ces difficultés, nous avons installé un groupe électrogène (ENEO). La dernière solution en date est un onduleur à batterie qui permet de tenir des coupures jusqu’à deux jours. Aussi, nous avons une ligne fibre optique, 4G, satellite, c’est un challenge quotidien pour avoir une connexion fiable.

 Quel conseil pouvez-vous donner à la diaspora camerounaise qui souhaite entreprendre au pays ? Quelle devise guide l’avancée de votre projet ?

Venir préparé et faire preuve de résilience. Des choses simples peuvent devenir compliquées ici. On le sait. On le prend avec du recul, et on se demande quelle sera sa contribution pour améliorer les choses. Et puis c’est important de se mettre dans les bonnes conditions. On a également souvent tendance à sous-estimer le coût de la vie au Cameroun, le coût de la main-d’œuvre dans son business plan, et on le paie d’une façon ou d’une autre.