Portrait d’entrepreneur Dias’Invest : Aymric Kamega, assurer sa vie au Cameroun

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Suite de notre série de portraits  d’entrepreneurs de la diaspora, cette semaine nous avons rencontré M. Aymric Kamega, un entrepreneur camerounais agé de 38 ans. Titulaire d’un doctorat en science de gestion et actuariat à l’Université de Lyon 1, il a réalisé de 2008 à 2011, une thèse intitulée « Outils théoriques et opérationnels adaptés au contexte de l’assurance vie en Afrique subsaharienne francophone – Analyse et mesure des risques liés à la mortalité ».

Avec l’aide du programme Dias’invest 237, il a depuis mis ce savoir en pratique en devenant en 2016 le PDG de ACAM VIE « Assurance Vie Cameroun ». Un projet ambitieux dont il nous livre tous les détails aujourd’hui !

Bonjour Aymric, pouvez-vous nous présenter votre projet?

ACAM Vie est un service qui offre aux personnes, directement ou via leurs entreprises, des couvertures d’assurance vie permettant de sécuriser ou de renforcer leurs revenus, et ceux de leurs proches, à chaque étape de leur vie.

Ceci concerne par exemple les prévisions de départ à la retraite (épargne). Elle permet aussi de faciliter le financement d’un projet personnel ou professionnel (épargne) ou encore d’atténuer les difficultés financières liées au décès du chef de famille laissant derrière lui une famille à nourrir et à loger (prévoyance décès).

En pratique, tous ces avantages sont réunis dans deux gammes de produits, épargne et prévoyance, construites sur les besoins des clients (pour les particuliers comme pour les entreprises).

Que vous a apporté le dispositif Dias’invest’237 ?

Le dispositif de Dias’invest m’a apporté l’aide nécessaire à la réalisation d’un diagnostic sur les forces et faiblesses d’ACAM Vie, l’accompagnement dans la définition de la stratégie marketing et enfin une mise en relation avec d’autres entrepreneurs de la diaspora.

Dans quel environnement votre projet s’inscrit-il ?

Ce projet s’inscrit dans un environnement très concurrentiel. En effet, le marché de l’assurance vie au Cameroun compte 11 sociétés et un chiffre d’affaires total de plus de 65 milliards. ACAM Vie est la dernière avoir demandé un agrément, mais déjà la neuvième société du marché en termes de chiffres d’affaires.

En pratique, nous nous appuyons sur de nombreux atouts pour faire la différence : nous sommes une des rares sociétés contrôlées par des Camerounais (avec Activa Vie et Saar Vie, les autres étant détenues par des étrangers), nous avons une équipe d’experts reconnu à l’international en matière d’assurance vie (avec Sunu Vie, ACAM Vie est la seule société d’assurance vie dirigée par un actuaire), nous avons une équipe jeune et dynamique, nous disposons de produits très innovants et adaptés aux besoins du plus grand nombre. En outre, ACAM Vie bénéficie d’un avantage fort par rapport à ses concurrents avec la digitalisation de l’essentiel de son activité, ce qui permet de proposer une très grande transparence, une grande réactivité et une grande autonomie à nos clients.

Pouvez-vous nous raconter une journée type dans votre entreprise ?

Une journée de travail type me concernant commence très tôt.

Elle commence dans un premier temps de 4h à 7h depuis le domicile. Je traite principalement des points en suspens de la veille et préparation de la journée.

À 9h, me voici au bureau ! Je fais ensuite des points réguliers avec les équipes, je rencontre les clients et j’effectue des travaux divers et ce, jusqu’à 18h30.

Quelles ont été les principales difficultés rencontrées depuis que vous vous-êtes lancé dans ce projet ?

Les principales difficultés rencontrées sont de trois ordres.

Premièrement, il est difficile de gagner la confiance de la population et des entreprises, dans un environnement où la méfiance prévaut surtout dans un domaine comme le nôtre.

Deuxièmement, il faut sensibiliser la population à l’importance de l’assurance vie, dans un environnement où cette activité est méconnue malgré les prédispositions culturelles. Par exemple la tontine fonctionne très bien et a un fonctionnement proche de l’assurance vie.

Enfin, il faut réussir à nouer des partenariats commerciaux avec des distributeurs (courtiers, banques, établissements de microfinance), et en tant que dernier arrivant dans un environnement très concurrentiel et en l’absence de contacts privilégiés, ça a été compliqué.

Quel conseil pouvez-vous donner à la diaspora camerounaise qui souhaite entreprendre au pays ?

Un seul conseil : ne pas se laisser décourager par ceux qui déconseillent d’entreprendre au Cameroun. Et ils sont souvent nombreux. Seule la foi en son projet et en sa capacité à le porter doit guider les actions. Comme toute aventure entrepreneuriale il y a des difficultés, mais rien d’insurmontable. Et le point très positif est qu’il y a une réelle prime aux plus résistants.

Un grand merci à Aymric pour ces réponses détaillées et inspirantes qui représente un modèle de réussite pour les jeunes entrepreneurs. Nous te souhaitons encore davantage de succès !

L’équipe Dias’Invest 237