La BEAC annonce officiellement la révolution des paiements via le mobile en zone CEMAC

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La Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), l’institution qui sert de Banque centrale aux 6 pays membres de la CEMAC, a officiellement annoncé qu’il est désormais possible d’effectuer plus facilement des paiements électroniques entre plusieurs opérateurs. Dans la rubrique Mobile Money, il est en effet possible depuis quelques semaines qu’un abonné d’un opérateur X puisse directement déverser des crédits monétaires dans un compte abonné chez un opérateur Y.

Le secteur bancaire et celui des paiements électroniques ont travaillé dessus toute l’année dernière pour finaliser le processus. Dans son communiqué du 15 avril 2020, le gouverneur de la BEAC, Abbas Mahamat Tolli, a invité les populations de la CEMAC à recourir massivement à ce mode de paiement qui est disponible dans toute la sous-région. Il a surtout rappelé que cela servirait à limiter la propagation du covid-19 en réduisant au maximum la circulation des pièces et billets de banque.

Au-delà de la pandémie qui secoue le monde, c’est une véritable révolution que sont en train de vivre les systèmes de paiement en zone CEMAC. Selon une source proche du secteur, ce lancement officiel signifie que désormais de manière systématique, des transactions pourront être exécutées via comptes bancaires, Mobile Money et cartes bancaires.

Cela était déjà faisable, mais l’absence d’une plateforme commune d’opérations de paiement rendait laborieux le processus de paiement pour les usagers. Un abonné Orange Cameroun par exemple qui recevait un paiement MTN, était contraint de se présenter à un point de paiement de l’opérateur expéditeur avant trois jours, sinon il en perdait le bénéfice. Désormais, le crédit monétaire transféré arrive directement dans son compte. 

Certains opérateurs permettent aussi d’effectuer des paiements directement sur des comptes bancaires tiers. Déjà, le transfert inter-opérateur n’est pas gratuit, et l’un des défis sera d’harmoniser la tarification de ce service. Aussi, tous les acteurs ne semblent pas encore à jour en termes de technologie ; ce qui appelle un élargissement rapide de l’opportunité.

Enfin, le communiqué de la BEAC ne précise pas si les virements entre pays se feront dans les mêmes conditions que celles en vigueur à l’intérieur d’un territoire.

Source: Agence Ecofin